Explorer le Maroc… Interview de M. Adil DIANI, Ager Expert Consulting
Posted on novembre 10, 2009
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Nous partons à la rencontre de Adil DIANI, Consultant pour le cabinet Ager Expert Consulting, pour une interview pleine d’humour mais ô combien précieuse avec des informations sur les marchés en devenir au Maroc…
Bonjour Adil. Merci de nous accorder un moment pour cette interview dont le thème porte sur les relations franco-marocaines et les opportunités « vertes » au Maroc.
P.K. : Tout d’abord, pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours ainsi que votre activité ?
A.D. : le destin voulait que j’obtienne mes deux diplômes sur chacune des rives méditerranéennes, ingénieur d’Etat agroéconomiste (spécialité : économie appliquée) de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II à Rabat, au Maroc (pays natal) et un Master of science de l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier, en France, grâce à une bourse d’excellence du Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéen de Paris.
Toute de suite après, j’ai pu intégrer le Ministère du Commerce Extérieur en tant que Conseiller à la Direction des Relations Commerciales Internationales. Cette expérience était riche de pratiques et de contact.
Maintenant, j’évolue en tant que Consultant surtout sur les questions de commercialisation et développement à l’international au sein du prestigieux Cabinet de Conseil spécialisé du secteur agricole et agroalimentaire « AGER EXPERT CONSULTING » et sous la direction générale d’un ancien ami d’études et fondateur du Cabinet, M. Aimad CHOUHAB, un poids lourd et grand connaisseur des rouages du secteur.
P.K. : Que pouvez-vous nous dire sur le Maroc ? Quels atouts peuvent inciter les exportateurs/ importateurs français pour explorer ce marché ?
A.D. : Le Maroc est un pays qui vient d’amorcer un ensemble de mégaprojets d’infrastructures et de promotion sectorielle (Plan émergence dans le domaine industriel et d’offshoring, Plan azur dans le secteur du tourisme, Construction de 120.000 unités d’habitat dans le secteur immobilier et d’autres). Le secteur agricole n’échappe pas à cette aubaine et il vient de se doter d’un programme baptisé « Maroc Vert ». Parmi les piliers de ce programme, l’une est l’incitation à l’investissement dans le domaine agricole et agro-alimentaire via la mise à disposition aux investisseurs d’une superficie totale de l’ordre de 700.000 Ha non encore exploitée.
Les français connaissent très bien le Maroc en tant que destination touristique ou en tant qu’opportunité d’investissement dans le secteur industriel, immobilier et services. Cependant, le secteur agricole suscite moins d’intérêt suite à un manque d’encadrement et de visibilité à long terme.
Maintenant que les politiques et les stratégies sont tracés, il reste à saisir, surtout au début du processus, les opportunités offertes par un secteur qui est resté trop longtemps dominé par une activité extensive et dépendante de la pluie par manque de moyens d’investissement dans les équipements et les innovations. Il existe un large potentiel d’exploitation des marchés avec lesquels le Maroc a déjà conclu des accords de libre échange tels que l’Union européenne, les Etats-Unis et les pays arabes y compris les pays du golfe.
Enfin, il faut noter que ce secteur bénéficie jusqu’à 2014 de l’exonération fiscale. Au-delà de cette date, le régime fiscal connaîtra un changement progressif dans le temps sans perdre en vue la consolidation de la compétitivité et l’attraction des investissements.
P.K. : On entend souvent dire que les Chinois sont massivement présents au Maghreb et assomment toute concurrence, quelle est la réalité sur place ? Ressentez-vous cette présence ?
A.D. : les produits chinois présents sur le marché marocain sont plutôt des produits de sous gamme et touchent juste l’aspect industriel surtout les produits textiles. Il existe cependant une exception à la règle, ceci est du au mode de consommation purement marocain, il s’agit du thé vert qui est importé exclusivement de la chine.
Sinon, dans le secteur agricole, mis à part leur présence probable dans les projets d’infrastructures de base dans le monde rural, les chinois investissent très peu.
P.K. : La tendance actuelle en Europe va vers les énergies renouvelables et le développement durable, qu’en est-il au Maroc ? Y a-t-il également une prise de conscience quant à la protection de l’environnement ?
A.D. : Le Maroc fait partie de ce monde, vit les mêmes inquiétudes environnementales et souffre du changement climatique. Le défi est de taille, les stocks stratégiques des matières énergétiques affichent le rouge et le développement industriel est en croissance continue. Au niveau national, il y a une prise de conscience de l’enjeu du développement durable et de la protection de l’environnement (public, privé et société civile).
A mon avis, les deux principaux sujets déterminants sont : comment assurer la cohérence des actions des différents intervenants pour relever le défi ? Et de quelle manière l’Etat peut inciter la R&D dans le domaine des énergies renouvelables ? Le socle est une politique volontariste qui rallie l’éducatif afin de préparer les générations à venir, au législatif qui constituera l’esprit du changement et du conscient collectif.
P.K. : Le Maroc est un pays avec une forte exposition au soleil, pensez-vous qu’il y ait un marché de l’énergie solaire à développer au Maroc ?
A.D. : jusqu’à maintenant, l’Etat essaye de diffuser au maximum cette technologie via son Office National de l’Electricité surtout dans les zones enclavées ou sous couvertes par le réseau d’électrification.
Cependant, des efforts nationaux dans le domaine de R&D restent insignifiants pour le moment vis-à-vis des gains escomptés en termes d’énergie et de protection d’environnement. A ma connaissance, le Ministère de l’énergie est en train de préparer une stratégie nationale complète dans ce sens et j’espère que les promesses seront tenues.
P.K. : Pour conclure, quels conseils donneriez-vous à nos exportateurs/ importateurs français désirant explorer le marché marocain ?
A.D. : Je serais le premier à les recevoir avec bras ouverts (je rigole), non, je disais qu’il faut tout d’abord, bien choisir le créneau à explorer, identifier un vis-à-vis crédible, prendre conscience des potentialités et des risques, et enfin préparer sa valise pour un voyage qui regroupe le plaisir de visiter un pays aussi cher au cœur des français et de prospecter ses cibles.
Les bureaux de conseil se développent de plus en plus au Maroc et gagnent plus de crédibilité en tant qu’économiseur de temps et d’argent.
Notre bureau est ouvert à tous, et soyez rassurés car on ne facture pas les premiers contacts de reconnaissance et de prospection. On opte toujours à instaurer un climat de confiance mutuelle avec nos partenaires avant tout engagement. C’est pour cela qu’on a développé plusieurs partenaires en dehors de notre secteur mais qui sont complémentaires tels que les promoteurs immobiliers sérieux qui sont nécessaires dans toute démarche liée au tourisme rural.
P.K. Merci Adil pour vous être prêté à ce jeu de questions/ réponses pour Veillex.com, que pouvons-nous vous souhaiter pour la rentrée ?
A.D. : Notre bureau prépare sa nouvelle stratégie de communication notamment un site Internet complet et riche d’informations « www.agerexpert.com ». Sinon, nous sommes en quête de partenaires sérieux (institutionnel ou privé) à l’international, surtout en France, pour développer des projets intégrés et durables au Maroc.
Petite précision supplémentaire apportée par Adil Diani et qui pourrait convaincre les investisseurs potentiels:
« La mise en place de subventions agricoles et agro-alimentaires au Maroc qui peuvent atteindre 60% (cas des équipements de l’irrigation), c’est un point qui peut encourager les investisseurs, surtout depuis la création du guichet unique au niveau des Directions Provinciales d’Agriculture et les Offices régionaux pour faciliter la tâche aux investisseurs, notre cabinet peut même orienter les investisseurs et leur monter les dossiers des subventions… »
Merci encore une fois à Adil Diani et Ager Expert Consulting pour le temps consacré à notre interview et Veillex.com ne peut que se réjouir d’avoir dans son réseau des professionnels compétents.
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